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 Przemysl : certes, ce ne sont pas les ballons du siège de Paris, mais quand même...

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Mare Nostrum

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Nombre de messages : 260
Localisation : Ardèche (du Haut)
Date d'inscription : 08/02/2018

MessageSujet: Przemysl : certes, ce ne sont pas les ballons du siège de Paris, mais quand même...   Sam 1 Déc 2018 - 9:40

Bonjour à toutes et tous,



il est parfois dans nos collections des documents qui revêtent un caractère historique certain et, pour les temps de guerre, potentiellement dramatique. Ainsi en est-il des lettres acheminées depuis la forteresse autrichienne de Przemysl pendant la Première guerre mondiale. Entourée de plusieurs lignes de fortins et de défenses dan un rayon de 5 à 10 km autour de la ville, la place-forte constituait un élément majeur du système défensif austro-hongrois face à l'empire russe.



A deux reprises, en septembre-octobre 1914 et entre novembre 1914 et mars 1915, la cité fut assiégée par les troupes russes. C'est ainsi que l'état-major organisa le transport du courrier par différents types de ballons et par aéroplanes notamment lors du second siège qui dura 133 jours. 13 vols ou tentatives furent organisés ainsi que que quelques (malheureux) lâchers de ballons. 

Parmi la dizaine de documents relatifs à cet épisode que je possède, deux me semblent particulièrement intéressants :



Cette carte a été écrite par un jeune officier tchèque en garnison dans la forteresse, le lieutenant Janda, le 18 septembre 1914 : elle porte le cachet de son unité (pour justifier de la franchise postale) mais n'a pas été oblitérée par le bureau de campagne de son unité (Feldpost 159). Peut-être a-t-elle été acheminée en toute hâte tant qu'il en était encore temps (c'est moi qui souligne) : 

« Mes chers parents. J’ai bien reçu hier votre lettre du 10 septembre. Je dois vous préciser que je n’ai pas le droit de vous dire où nous nous trouvons, juste indiquer le bureau de poste de campagne 159. Ne m’envoyez pas ce manteau ni ces vêtements : il n’y aura bientôt plus de communications postales, même si ça passe encore pour le moment. Pour l’instant ça va, le plus difficile est d’arriver à dormir un minimum. Rarement dehors et par terre, souvent sous la tente, mon ordonnance a pu me procurer une couverture, sinon je garde ma vareuse. J’espère vous écrire bientôt. » (*)
Effectivement, quelques jours plus tard, le 23, les Russes avaient terminé d'encercler la place-forte !! Peut-être aussi n'a-t-elle pas pu être acheminée et a-t-elle été conservée par ce soldat.

Celle-ci enfin, expédiée le 22 mars 1915 :



Nous sommes quelques heures avant l’entrée des premières troupes russes dans la forteresse qui vient de se rendre, deux avions décollent donc pour la dernière fois. Celui de Melc et Junker, pris sous le feu de l’ennemi, doit atterrir en flammes et tombe aux mains des Russes qui transféreront le peu de courrier récupéré à la Croix-Rouge internationale de Copenhague. Celui de Stanger et Lehmann parvient à rallier les lignes autrichiennes : c’est ainsi que cette carte écrite le 3 mars a pu atteindre sa destinataire. 

J'avais commis, en son temps, quelques pages sur ce sujet très largement méconnu en France, et souvent présenté "hâtivement" dirais-je. Un des premiers à étudier avec rigueur cet épisode fut Keith Tranmer, grand collectionneur britannique récemment disparu, et le flambeau a été notamment repris avec un succès certain par l'Arge Feldpost Osterreich-Ungarn de Vienne, le Cercle d'étude de la poste militaire austro-hongroise (dont je suis membre, mais peu contributeur !) : une littérature désormais solide, appuyée sur les sources réglementaires et un recensement et une étude rigoureuse des courriers connus. 

C'est par ici :
Laurent.
Naguito

(*) merci à Adriana, correspondante tchèque, pour la traduction du texte !
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https://independent.academia.edu/laurentveglio
 
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